montréal QC 2012

montréal QC

circuit est / december 2012

 

guest artist

catherine lalonde

 
Catherine Lalonde travaille en poésie, en spoken word et en journalisme. Formée aux Ateliers de Danse
Moderne de Montréal Inc., elle a dansé pour la Fondation Jean-Pierre Perreault, Michèle Rioux, Karina Iraola 
et Jean-Sébastien Lourdais. Elle a chorégraphié MusicaNocturna pour Danse Cité et Festival International de 
la Littérature en 2009, une pièce de danse, théâtre et poésie. Comme poète, elle travaille le débordement
acceptable, l’érotisme, la honte de soi, la représentation de féminité, l’incommunicabilité, la rupture du non-dit 
et du cliché, la représentation poétique et l’oralité. Parmi ses trois recueils publiés, Corps Étranger (Québec
Amérique / La Passe du Vent) s’est démarqué en méritant le prix Émile Nelligan 2009. Catherine est une habituée
des lectures poétiques et des cabarets littéraires. Elle est aussi journaliste et critique au quotidien Le Devoir, et
signe des paroles de chansons pour quelques interprètes de la relève. [read English version]

 

notes

catherine lalonde

 

Re-writing distance. Circuit Est, décembre 2012

lundi
– l’exploration de Miranda
Des mondes sonores : ce que je ne vois pas
J’entends parler dans mon dos et dans l’espace l’attente des souvenirs : une pente, des bottes, feeling-mind, stand-sit, Peter Boneham et la porte est
plus froide que le plancher, un animal qui chigne et une to-do list
Bruits de métal, à grands coups de pieds dans les tuyaux, une tendance à oublier les musiciens
Le petit stress d’attente : point de départ des diagoales 5 6 7 8 never good enough à l’avance
 
J’ai été souvent dans cet espace avec beaucoup de doutes. Je n’ai pas pleuré souvent ici. Juste été envahie de doutes.
*
j’aimerais pouvoir sentir une différence claire entre le ciel et le plancher.
you are here. ça commence ici, exactement, ça finit ici, exactement.
j'aimerais sentir une trace de toutes les danses déjà faites ici.
*
how can you pray under a concrete ceiling?
                                                                                                                                                            (doubt vs explosive faith)
 
//////////////////
 
mardi
being speechless in a dance studio. without even the desire, the will to speak.
 
much writing has been done in that space.
 
et la fatigue d’encrer les choses, empreintes digitales, cette décision consciente, volontaire, qu’elles «valent» d’être laissées.
alors que j’aime ne pas être sûre de savoir si un silence a assez duré.
                                                                                                                                            (encore. encore un peu. pour voir.)
*
à rebours je vois des baptêmes à l’eau de rose, une couronne faite de dents de lait et de temps de tigre, une couronne rouillée, d’épines, autour de
la langue comme un cilice, une couronne de cheveux sur la langue, et des jappements, feulements, sifflements.
 
can you get to a point where you can say «I’ve been loved enough»?
«I loved enough»?
*
what makes me decide if a poem/a dance is good/valuable enough ? enough to keep it?
les blocs Lego des mots de la langue étrangère, ici la langue anglaise : cette impression de pouvoir peut-être parfois être plus intelligent en étant moins habile.
*
jour de corps lourd. machinerie. tracteur sans clé.
*
les agressivités qui m’habitent me surprennent encore, et peut-être de plus en plus. d'où me vient cette chiennerie? peut-il exister une délicatesse de l’agressivité (l’imposition des mains, la déchirure belle, le cri, un viol heureux, une tête qui choît, échue, enfin)? et l’évocation peut-elle suffire (évocation d’une agressivité? agressivité de l’évocation?)?
*
le plaisir de laisser des danses claires se perdre, ne pas être, être pensées, impulsées que dans la tête, jamais dansées, jamais descendues dans le corps
(rez-de-chaussé, sous-sol, parking…) – faiseuse d’anges de danses.
*
je n’arrive jamais.
                                                                                                                                                   (beaucoup de je aujourd’hui)
 
je ne me laisse jamais vraiment fondre. tout abandon m’est une nouvelle bataille; toute larme une guerre, une nouvelle forêt à bûcher.
 
to share you/I/je melting – s’offrir, fondante (ça sonne comme un drôle de dessert).
 
/////////////////
 
mercredi
les cheveux attachés Lin est une autre Lin et elle me fait penser à l’enfance.
 
obsession, idées de mains : chef d’orchestre, marionettiste nu, jeux de mains jeux de vilains, et la complexité des signes – consonne, voyelle, oiseau –
et cette finesse du geste écrire. comment trouver cette même finesse, cette précision, dans le reste du corps, dans l’espace?
*
ne jamais pouvoir écrire plus vite que sa pensée. aussi vite que sa pensée. comme Lucky Luke plus vite que l’ombre de son ombre de son ombre.
*
attendre ne veut pas dire être dans le flou, pas nécessairement. it doesn’t have to get blurry.
*
How can I be, dancing, the child I really was and all the children I wish I had been
                                                                                                                                                              (is that even english?)
How can I get again and again in that state of serious playfullness.
 
Fullness. Lune. Soleil. Homme. Femme. Toujours marquer les différences/ruptures? Non.
 
Moving the space. Moving space. Rip it off with respect. Explosion.
*
ce qu’on choisit de taire me semble ces jours-ci plus riche, parce que plus mystérieux, que ce qu’on choisit de dire.
*
Le  cliquetis de l’appareil photo de Michael. Take it in or block it out?
*
Flying chairs. Flying room. Being one of these women who always moves the furniture around. Let’s talk about my hair, please. Chit-chat. Chatting.
Tcha-tcha-tcha. Coffee flying around. Things with no wings. Look Ma, no hands! The space flying around, by itself.
Not exploding.
Flying.
*
the unfairness of certain words.
*
could I discover an unknown God lying secretly in that revealing belly button of mine?
 
—–en-dehors du studio —-
 
that desire to leave marks : ma question sur «comment ça se passait, re-writing distance, avec les autres artistes?», une question qui porte sa part de
narcissisme (sous-entendu : qu’est-ce que moi j’apporte? quelle est ma différence?) n’est peut-être pas seulement motivée par l’ego. Peut-être aussi
témoigne-t-elle du désir de laisser une marque claire, particulière, différente sur le travail de Lin et Guy, sur la structure même, sur leur relation déjà
instaurée. Ils ont un passé et sont, conséquemment, l’Histoire; ils sont un passé dans lequel j’atterris, étrangère, nouvelle-né. Ce serait mon désir de
laisser une trace, un désir d’être «mémorable» comme un mot écrit – donc valable – d’être ce mot qu’on choisit de poser sur le papier, d’encrer, celui
qu’on pourra relire. Ce serait mon désir d’être part du souvenir; une autre façon, bien sûr, d’échapper symboliquement au passage du temps, à cette
Histoire qui se poursuivra ensuite sans moi dans d’autres villes et avec d’autres artistes invités, d’échapper symboliquement à la mort.
cette structure – eux à travers des villes, being the moving words, and being at the same time the frame, the paper itself – parle déjà des thèmes qu’ils
veulent aborder.
*
I’m surprised to see how deep we can go into lightness.
*
Lin redoing – do undo redo – morte-vivante a primitive flemish painting
                                                                                                                            (I seem to be writing a bit more every day)
 
////////
 
jeudi
moving through deep heavy snow. Listening through deep, heavy, thick snow. The blurriness makes things/actions/relations less polarized.
*
postcards.
letters.
reminders.
P.S.
colouring – no music for the fourth day in a row, but colours, today.
*
est-ce qu’on peut écouter trop fort? Is it possible to leave a trace, a mark, only by listening?
*
impulsions lentes.
written bodies, not writing bodies.
 
and the outside world : subway, neige, alarme, déneigeuse, la porte qui s’ouvre et se ferme, des doigts froids, friction, la chaleur huaine.
*
Atlas is in the building.
we've been quite greco-romains. la faute à Guy? et avec une certaine obsession du fulcrum.
*
such a small world.
seems so, so heavy.
*
inviting hands
sleepy hands
flowery hands
a crown made out of bone and a magic elephant with wings
 
if you can not get in, deep, get on every inch of every skins. spread.
 
walking through deep, deep snow and the baby’s moving.
 
what to forget, now?
*
regrowing roots.
stepping out of time.
so many things were so important and suddenly I don’t give a sweet shit about them.
 
what happened?
 
///////
 
dimanche
—–en-dehors du studio —- after thoughts
 
There’s been a flood
            un déluge
            un dégât
            des mots noyés
            la perte des eaux
            la perte d’os (consonnes, oiseaux, voyelles)
une catastrophe environnementale, l’encre qui déteint, une catastrophe alphabétique, did you ever give a french kiss in/with your mother tongue?,
a certain beauty surfacing from mistakes and bad choices, la jalousie d’un rêve où une lit les couleurs comme l’avenir.
*
je crois que mon voyage préféré aura été celui où on s’est le plus perdu.
*
l’injustice de la mémoire. injustice accentuée par la documentation : parmi les photos de Michael, de très belles photos, je retrouve des moments légers,
sans grande valeur au moment vécu, qui deviennent sanctifiés, béatifiés, plus beaux dans l’image qu’ils ne l’étaient dans la sensation/composition. Et ces
photos aident à me remémorer davantage les impros qui ont été photographiées – reléguant  les autres, déjà, au flou du souvenir.
*
la transition pour passer du rôle de spectateur/audience à témoin/witness n’a jamais trouvé son sens pour moi. alors que je me suis questionnée et que
j’ai tenté différente façon de faire la transition de témoin/witness à performer, je ne me suis rendue compte de mon malaise et de ma paresse face à cette
autre transitionm boîteusem qu’à la toute fin, lors de la discussion avec Tedi Tafel. blind spot.
*
de la difficulté, toujours, de garder une réelle intimité en présentation, aussi informelle que soit la présentation. j’ai été surprise de voir à quel point nous
avons été plus forts (en volume sonore, en démonstration, en intensité), plus pressés que lorsque nous étions seuls en studio. à quel point nous avons spontanément choisi de faire un wrap-up (littéralement), de récupérer des aspects connus, plus confortables pour nous, plutôt que de continuer à creuser
la recherche. c’est naturel, c’est normal. bien sûr. mais ce changement, dès qu’un œil autre se pose sur le travail, si radical, me surprend toujours.
j’aurais, pour moi, eu besoin ce jour-là qu’on maintienne exactement la même routine que les autres jours, établie, exactement, obsessivement, pour
reconstruire justement les conditions de recherche plutôt que ça soit déjà différent – déjà un peu la fête, le désir de partage, déjà autre chose.
*
je suis heureuse d’avoir apporté des papiers plus fonctionnels (feuilles à imprimante; cartes; post-it; mon enregistreur, même). le format change la sensualité,
le nombre de mots possibles, l’utilisation, l’image créée. c'est bon de remettre de la poésie dans ces outils de travail quotidiens.
j'aurais aimé même voir comment (si?) on aurait pu introduire l’écriture sur clavier (machine à écrire, ordi, iphone, ipad – ces deux moments où Guy avait
terminé d’écrire, après les impros, dans son cahier et où il nous attendait en écrivant des mails. le petit bip de la machine. sa densité de corps, d’être, d’âme,
de présence était différente – un peu hors studio, pas tout à fait, loin de la sensualité/sensorialité des encres et papiers, toute dans la cruauté d’un écran
rétro-éclairé. comment est-ce que ça aurait changé la danse, la conversation, la relation, spatialité et surtout l’écoute?)
*
l’impression que ce processus peut aboutir de façon plus fluide à un livre qu’à un spectacle (lumières, 20h, tickets, etc).
*
petit deuil de ne pas poursuivre le travail. d'avoir fini ma part. un peu de jalousie aussi. good. it means I had fun.
*
can’t wait to show the picture to my boyfriend. I’ve been there. I’ve done that. like proofs of a certain sensibility.  I wish (wishbone wishing well). strange documentation, also, of a pregnancy. weird angles given to the space by a growing belly.
*
elle s’est fait couronne de ses mains tatouées
un panache d’apache et le déluge encre/eau/lait
je ne suis qu’une couronne d’os à sa pensée
une dent de lait
mordue moi-même
interdite d’avenir
*
the question of
a)    what to keep/what to throw away?
b)    what will be remembered/forgotten
X 4 angles différents (Guy, Lin, Michael, me)
 
and what will stay
pure
transformed by memory
 
//////////// bouts de papier conservés et nouvelles notes prises à côté /////
 
I read the future into snowflakes and
she is approaching
            the window
            the window
            the window
I read the future into Snow White’s organs
 
Explosive faith
sadly ending with buildings
blowing up
instead of
hearts/ freedom/ ideas /joy
 
wish you were here
*
Move your feet
Alarm
Remember when you were in the dark? blind? blindfolded?
 
Written bodies.
Corps de ratures, de scriptures.
Writing bodies.
 
A drawing of «Catherine writing…» by Lin where I’m oh! so pregnant.
*
nous voulions parler aux dieux
dans les églises les communions
la danse de la pluie
la scarification
il n’a plu que du vin
another great desillusion
 
how to be wild, measure not your age,
measure energy…and remember to moisturize,
repetition
 
A drawing of a giant…Guy, with big feet, and deux petits personnages
 
Un arbre
Sold
History of a scar
Is history a scar?
Deux pieds, une flèche rouge horizontale
Des post-its et de petits desseins de différentes couleurs
You are here
D’or
Dehors
Skin becomes the collectors collection map dream page explosive faith largeness of if the smallness of if the scale
Fishbones wishbones
A merman
 
I am surprised.
 
Catherine Lalonde
 
 

notes

lin snelling

 

Circuit Est
Montreal, December 17-21st, 2012.
 
day one
we begin with Miranda’s exploration of finding places in the room, and
describing them to each other, and then finally choosing one of the places
to write about
I choose to write about the back corner of the studio … curtained off and used for storage. 
…. 
behind the curtain;
there is
a mannequin and a hoola hoop, some
coloured balls, some yoga mats,
and then
a very old wall:
both my hands reach out and I place them on its surface;
it feels good
it feels old
it feels cold
it feels rough
it feels thick,
yet porous,
will it last forever ?
 
… and then I
notice the
unevenness of the architecture
in this corner,
a new wall, a less new wall , and a very
old wall; a meeting of edges
 
curve                                     verses                   straight
old stone                   verses                   new brick
smooth                      verses                   rough
plaster                                     verses                  mortar
steel                                     verses                  wood
 
all these walls
with doors and windows
the outside comes in,
and the curtains
move and swing memory …
 
This room,
carrying details
of dancing and dancers.
 
This room a passageway,
time running backwards, forwards, through;
invisible and intoxicating,
all that has moved and keeps moving through here …
Echo chamber
 
afterthoughts of day one
 
sitting here … writing… solitary,  yet still,  with space,
writing with place is writing with …
there are places that move time,
there are places that reflect back
there are places that allow anonymity, recognition, and intimacy
the performance place is what kind of space?
……. 
Catherine is dancing
Guy is writing
they reference each other through space
 
X            ……………………………………………………..           X
 
Catherine travels back and forth on a horizontal plane
she places her hands down on the paper at the table where Guy is writing
like she is placing down a specific shape of something, a box, a parcel,
it is invisible, and weightless, but with detail and placement …
She leaves it there and Guy considers it.
 
day two
Fulcrum (dictionary definition)
-one point at which a lever rests or is supported and on which it pivots
·       a thing that plays an essential role in an activity, event, or situation.
 
fulcrum, a place for tipping and rotating,
a levering place for what goes up and what goes down,
again this room seems to tip away as I step in,
the writing table balancing my dance,
an endless moving and speaking,
a cocktail dance of bright shape and illusion,
an imagined martini glass triggers Guy’s memory of an artist
friend’s obsessions with funnels …
and so Guy and I make a funnel shape together with our hands …
 
Guy tells a funny story about aging …
“very popular theme in dance now”
He remembers being at a conference of young and old dancers …
the young ones could ask the old ones each one question …
Lia Haraki, a choreographer from Cyprus asks a stripper who has been in the business for a long time,
“what is your secret to staying young?”
The stripper answers immediately without a second thought,
“moisturize”
 
I laugh and laugh and laugh and laugh …
(moisture and aging, remember to do one, the other is inevitable)
My face is down on the desk,
the paper is on the floor
where Catherine is writing,
I have a desire to write the sound
of my voice into a page and
so I consider this, as
I mumble quietly,
Catherine continues to write,
and then out of nowhere and
in no particular order but sometime later
she lies down on the desk
in front of me,
her belly a beautiful curve,
a sensual slope,
my hand goes to it …
boy or girl
… she
…. he 
 it’s a secret
… its not known
…its life.
 
this time of year,
a race towards the shortest day,
this practice,
a conversation;
this leaving,
a party;
this moisturizer,
some good advice.
 
She places the paper and the pens …
on the desk, and in my hand …
I find them and began writing
a dreaming out loud at the table.
 
Echo … the 12th month of the year,
the accumulation of sounds,
all seasons have a song,
all details a pitch,
all memory a particular
pattern.
 
afterthoughts
 
Catherine said
“ feels like there is a lot more writing than just what is on the paper”
 
writing falling words …
catch …
catch
catch
catch
catch
 
We have established a method of working for the week …
which is …
we do a very long practice and then we write about it , and then
we read to each other what we have written,
and then we do another practice …
which is often shorter and more condensed.
 
 

notes

guy cools
 
Montréal, December 2012
With Catherine Lalonde
 
17/12/12  day 1
(Miranda’s exercise)
Curtains framing a concrete space.
Un espace concrète.
Fait de lignes horizontales oxydées et verticales; l’infiltration de l’eau.
It reminds me of Tobia’s oxidised space that he decorated with his calligraphy. It took him months to finish the work.
In the middle a spy hole. A crater. An outside eye.
This is a space of memory where we are intrigued by the sounds and shadows outside. The doors that never open but always have the potential to.
3     5/8     48     3/8
Measures for a strange rhythmic dance.
All the different surfaces of brick and concrete, like geological layers of our memory.
Moving bodies leaving tiny traces. Always circular.
While the water always runs down in almost straight lines.
Reminding me of Manon drawing straight lines down the backdrop of Là ou je vis.
The shadow of my hand on the paper moving as I write these lines.
How we shape things? How we think in patterns?
 
(Fragment from inside the practice)
Vibrations
Étranglement de mots
Permis de réunion
Date of Delivery
A magnetic door pulling everything into its force-field
You trying to catch with calligraphic marks the movements of my shadows
Rhythm is a question of time
Triangulation is a matter of lines and angles
J’ai soif! Un soif bifocal pour des mots bilingues
 
18/12/12  day 2
On vient de voyager dans des états d’énergies extrêmement différents.
My energy has been very low today, but then Lin started, being very ‘bavardoise’ (bavard et bavarois). Maybe because of the dentist forcing
her mouth open too wide.
So I got stimulated to join and tell my stories about From Rome with Love or William’s failing funnels or the advice of an 80 year-old porno star
to younger women always to moisturize.
Mummie. Mummie. Egypt and Motherhood.
All the time trying to remember a lullaby. And coming up with a soldier’s song instead.
The beauty of things silencing down again. Lin at the table. Catherine sitting behind her. Two backs similarly curved and shaped. Having a
conversation about being afraid of aging. How it affects the skin and also the gaze of others. While sometimes the latter is also a relief
To fill in the holes that others leave behind, …. for you.
Catherine’s clarity, tearing the paper.
How to escape melancholia when we age?
Embracing the liminal.
Trying to draw the shadow of your hand writing.
At what age do you reach the top of the hill? At 28? At 35? At 49? At 77?
Downhill is always easier, smoother. And it is down in the valley that you have your dwelling and can rest.
Let’s start all over again.
I will just sit down and write.
 
(Fragment from inside the practice).
Score 1
I will just sit down and write
While you do everything but writing
Move the space
Taste the words
Fulcrum
Remember cities you have never been to
Measure the space with your body
1   3   5    7
My word today is liminal
Liminal space
Liminal time
There is something about oxidation
A fulfilling funnel
To Rome with love
Trastevere
An opera singer under the shower
An architect falling in love with an actress
A clerk becoming a media figure for one day
Dinner parties being a dying breed
A master of etiquette
 
Score 2
To moisturize
Burst of chatter
And eventually I will leave
The measure of my moving hand’s shadow
 
19/12/12  day 3
Surprise!
She is approaching.
She is disappearing.
Même le corps est en état de disparition. The title of a drawing by Sylvie Cotton. It is a drawing of a female body on two separate sheets of paper.
She offered me both, the whole. But with a title like that, it felt I could only accept half and leave the other half with her. As a token. As a bond.
The more we practice, the more I start enjoying the conversational nature. The chatting which appears and disappears and is embedded in a larger
story that our bodies draw in the space.
“There is much more writing happening out there, then what appears on the paper.” (Catherine)
Why do we have this strong urge to leave our marks on the walls of the places we visit or dwell in?
Is that the origin of writing? Of drawing? Of Art? Leaving one’s marks?
I am here! Surprise!
With the movement of our hands we catch the attention of the eye of the other to tell our stories, while our feet listen to a more personal rhythm for
us to dance upon.
The paper is much more than a surface to write upon. The unrolling of a scroll creates spatial continuity. It establishes touch at a distance. It allows to unveil the object and the bodies behind through the diffraction of their shadows. It has a sculptural quality. It allows us to be messy, to tear it apart, to create holes. To erase. To scratch out.
The practice is about combining listening and writing simultaneously.